Créer et utiliser un vision board

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Je dois vous faire une confession : je ne crois pas en la Loi de l’Attraction. Mon esprit pragmatique n’arrive pas à adhérer aux principes qu’elle propose.

Mais voilà, lorsque je me suis mise à faire des recherches pour alimenter ma réflexion autour du thème de cet article, le Vision Board, presque toutes les ressources sur lesquelles je suis tombée liaient les deux concepts. Je vous avoue que cela m’a posé un défi d’analyse supplémentaire.

Par souci de vous offrir un contenu d’intérêt, je me suis vraiment prêtée à l’exercice de comprendre ce qui m’attirait dans l’outil du Vision Board. J’étais curieuse d’apprendre quels étaient les principes scientifiques qui expliquaient le succès de cet outil, ainsi que de découvrir comment le créer et l’utiliser de la façon la plus efficace.

Pourquoi pas la Loi de l’Attraction?

Simplement parce que plusieurs aspects de cette théorie, popularisée il y a plus d’une dizaine d’années avec le livre Le Secret de Rhonda Byrne, me rebutent.

Ce que je comprends de cette approche c’est  que nous attirons tout ce qui arrive dans notre vie. Les pensées auraient une fréquence qui attire tout ce qui a une fréquence semblable. Autrement dit, le positif attire le positif; le négatif attire le négatif. On pourrait donc tirer profit de cette « Loi » en faisant des demandes directes et claires à l’univers. En y croyant assez fort et en éliminant tout doute, on pourrait ainsi réussir à manifester tous nos désirs.

L’aspect qui m’agace le plus dans cette théorie c’est l’absence de réfutabilité. En prétendant que la seule raison expliquant l’insuccès de la démarche est la mauvaise exécution de celle-ci, on enlève toute possibilité que celle-ci soit soumise à une démarche scientifique rigoureuse. Cela me fait grandement douter de la validité même de cette approche qui n’accepte même pas d’être remise en question.

De plus, si je désire être conséquente dans mon propre cheminement, je me dois de soulever le caractère culpabilisant de cette « Loi ». Ma démarche en est une de reprise de pouvoir. En insinuant que si ça fonctionne, c’est grâce à la « Loi » et que si ça ne fonctionne pas c’est à cause de d’un manque de conviction, on va complètement à l’encontre d’une recherche de réappropriation du pouvoir. Je trouve cette vision des choses très aliénante.

Finalement, il m’apparaît un brin narcissique que de croire qu’on est en droit de faire des demandes à l’univers et de s’attendre à ce que celui-ci les réalise.

Mais alors, si la Loi de l’Attraction ne sait pas expliquer l’efficacité du Vision Board, quels sont les principes scientifiques qui peuvent l’appuyer?

La visualisation

Ce qui rend le Vision Board intéressant, à mon avis, ce sont toutes les techniques de visualisation entourant sa confection et son utilisation. Les effets positifs de la visualisation ont étés observés et étudiés de façon scientifique dans plusieurs domaines, notamment auprès des sportifs de haut niveau.

Une des raisons pour laquelle ces techniques peuvent nous aider à réaliser nos objectifs est qu’elles sollicitent une partie du cerveau responsable de la vigilance : le système réticulé activateur (SRA).

Nous sommes bombardés à chaque seconde de millions d’informations. Il serait impensable d’accorder notre attention à tous ces stimuli. Notre cerveau, par l’entremise du SRA, joue le rôle de filtre. Il ne laisse passer au conscient que ce qu’il perçoit comme pertinent du point de vue de la sécurité ou de l’intérêt.

Lorsqu’on pratique des techniques de visualisation, on signale alors à notre cerveau que tout ce qui a trait à ces buts, ces objectifs que l’on visualise sont des informations d’intérêt et qu’elles valent la peine d’être portées à notre conscience. Notre cerveau mettra donc à l’avant-plan tout ce qui s’y rapporte.

Ainsi, les circonstances dans lesquelles on vit ne changeront probablement pas, mais on sera plus portés à remarquer, reconnaitre et saisir les opportunités liées à l’actualisation de nos rêves et aspirations.

Qu’est-ce que j’ai fait?

Jusqu’à maintenant, je me suis concentrée sur les sphères de ma vie qui nécessitent du travail, sur les aspects de ma vie que je veux changer. Je crois à ce stade de mon processus avoir un portrait assez clair de ce que j’ai à faire pour améliorer ces parcelles de mon être et de mon existence afin de me diriger vers mon bonheur.

Mais ai-je une idée claire de ce qu’est ce bonheur? À quoi ressemble-t-il? Comment me fait-il me sentir?

Cette fois-ci, ma réflexion m’invite à me centrer sur la joie et non pas sur l’idée du manque.

Premièrement, j’ai pris le temps de me poser afin de me connecter à mon bonheur.

Qu’est-ce qui m’apporte une joie profonde? Qu’est-ce qui me procure un sentiment de bien-être? Dans quel contexte est-ce que j’éprouve une certaine sérénité?

Afin de me connecter profondément à cette idée du bonheur, je me suis prêtée au jeu d’imaginer la vie à laquelle j’aspire. Ici, je parle d’aspiration car mon but est de demeurer réaliste. Je me permets de rêver, mais tout en gardant les pieds sur terre. L’idée, ici, est de croire que c’est accessible; de savoir que si j’y mets les efforts nécessaires, je peux arriver à concrétiser mes ambitions.

Afin de rendre ma visualisation efficace, je me suis efforcée de solliciter tous mes sens. Sur le plan visuel, j’ai imaginé ma vie dans le plus grand détail et dans toutes ces couleurs. Sur le plan kinesthésique, j’ai ressenti les émotions et les sensations que ces images évoquaient en moi : le calme, la joie, la chaleur du soleil sur ma peau, la douceur de mes vêtements, etc. Sur le plan auditif, je me suis concentrée sur l’atmosphère sonore qui régnait dans ma vie rêvée : le rire des enfants, les bruits familiers, etc. C’est par l’activation de tous mes sens que l’expérience est devenue extrêmement vivide. Ainsi, cela m’a permis de ressentir intensément toutes les émotions positives liées à cette vision de mon bonheur et de les ancrer fortement en moi.

Deuxièmement, j’ai tout couché sur papier.

À cette étape, je me suis donné le défi de transposer cette expérience par la visualisation en mots. On passe tranquillement de l’imaginaire au concret par le même processus lié au sens. Le fait d'écrire ce que l’on a vu sollicite à la fois notre sens auditif et kinesthésique car il fait appel au langage et au mouvement. L’exercice est encore plus puissant si on relit le tout à voix haute à la fin. Le but est vraiment de s’immerger de façon sensoriel dans l’exercice. Cela sera d’une grande aide pour l’étape suivante.

Troisièmement, j’ai confectionné mon Vision Board.

Ici, vous pouvez opter pour une approche plus traditionnelle et chercher des images à travers de vieux magazines ou tout comme moi, naviguer à travers le web afin de sélectionner les images qui résonneront en vous.

Ce qui est bien important à ce stade, c’est vraiment de rester connectée aux émotions et aux sensations ressenties lors de notre visualisation afin de sélectionner les images qui évoqueront vraiment ces ressentis. Notre Vision Board va agir comme encrage afin de nous ramener dans cet état, c’est pourquoi chaque image doit être choisie avec soin.

Une fois les images choisies, il est maintenant venu le temps de faire l’assemblage du tableau. Vous pouvez choisir la plateforme de votre choix que ce soit un tableau d’affichage, un grand carton ou même une version entièrement numérique. Il n’y a aucune règle, amusez-vous, tout est permis. Ce qui compte c’est que vous ayez du plaisir et qu’il vous ressemble.

Finalement, j’ai utilisé mon Vision Board.

Cela peut sembler d’une évidence déconcertante, mais étrangement il s’agit d’une étape souvent négligée. J’ai moi-même été coupable dans le passé de ne pas exploiter cet outil à son plein potentiel. Souvent, on s’amuse bien lors de sa création, mais on passe rapidement à autre chose et on continu notre vie sans y accorder plus d’importance.

Cette fois, c’était différent pour moi. Mon besoin derrière la création de mon Vision Board était de clarifier ce que je voulais vraiment dans ma vie afin de savoir vers où je me dirigeais. Maintenant que tout est plus claire, je n’ai pas l’intention de perdre mes objectifs de vue.

Comme je vous l'ai dit plus haut, je n’utilise pas mon Vision Board pour manifester mes désirs, mais plus comme un ancrage qui me permet de rester connectée à mon bonheur. Il est donc bien important pour moi que le Vision Board demeure une ressource positive dans ma vie.

Je ne veux pas que mon tableau soit associé au stress. Je fais confiance au processus et je ne dirige pas mon attention vers les résultats.

J’utilise mon Vision Board simplement. Il me guide dans ma visualisation quotidienne que je joins à une séance d’écriture dans mon journal. Ce petit rituel journalier me permet de garder mes buts, rêves et aspirations bien vivants dans mon esprit.

Et vous, est-ce que le Vision Board est un outil qui fait déjà partie de votre vie? Sinon, êtes-vous tentées de l’essayer?