Élever son quotidien: les rituels

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Je n’ai pas été au maximum de ma forme ces derniers temps. Je me suis laissée emporter par la vague des choses à faire et les obligations. Je sais que je suis de nature plutôt extrême. J’ai tendance à adopter l’idéologie du « toute ou pas pantoute ». Ce n’est pas une approche qui m’a vraiment servi dans le passé, mais on dirait qu’en ce qui concerne l’adoption de bonnes habitudes je ne sais pas comment m’y prendre autrement.

Ayant dernièrement été contrainte de modifier mon alimentation et mon niveau d’activité physique à cause de certains ennuis de santé, je me suis retrouvée à revivre cette rigidité dans mes habitudes. Au début, ça allait. J’ai embrassé ces changements comme autant de petits coups de mains de l’univers pour m’aider à reprendre de meilleures habitudes pour ma santé. Mais voilà, je me suis rapidement rendu compte que la simple volonté a ses limites. Au bout d’un certain temps, le fait d’avoir une alimentation limitée et de sentir que je devais constamment être en mouvement est venu jouer sur mon humeur.

Je vous l’ai dit et redit, j’aspire à une vie douce et simple. Ressentir la pression constante des obligations qui m’amène dans un état d’esprit de performance ne cadre pas du tout avec ce que je recherche pour ma vie.

Mais, en même temps, j’ai entrepris une démarche de transformation, ce qui devra, d’une façon comme d’une autre, passer par des changements à mes façons de faire.

Comment adopter de bonnes habitudes sans ressentir cette contrainte supplémentaire? Comment apporter ces changements de façon naturelle et douce? Comment apporter un peu de plaisir dans tout ça?

Qu’est-ce qu’une habitude?

Les habitudes ont la cote dans le domaine du développement personnel. Partout, on nous bombarde de listes d’habitudes à adopter pour avoir du succès, pour devenir millionnaire, pour changer sa vie, pour être en santé, etc. Mais c’est quoi une habitude au juste?

Selon le dictionnaire Larousse, une habitude c’est l’aptitude à accomplir avec facilité et sans effort particulier d’attention tel ou tel genre d’actions, acquise par une pratique fréquente, l’exercice, l’expérience.

Ce qui est intéressant, ici, c’est que la définition même de ce qu’est une habitude va complètement en sens inverse de mon expérience liée à l’intégration de celles-ci dans ma vie. Pourquoi?

On dit qu’il faut 21 jours pour adopter une nouvelle habitude.

À ce jour, malgré toutes mes meilleures intentions, je n’arrive toujours pas à accomplir ces nouvelles habitudes avec facilité et sans effort particulier d’attention. Au contraire, elles me demandent une qualité de présence constante si je ne veux pas retomber dans mes anciennes façons de faire. Et cette extrême vigilance est épuisante mentalement et physiquement.

Et si cela n’était pas qu’une question d’habitudes?

Parlons routine !

Je crois en fait qu’on confond souvent les deux concepts. Ce qui différencie principalement les habitudes de la routine c’est le niveau d’attention qu’on y accord. Une habitude c’est un automatisme, c’est une action qui est déclenchée inconsciemment par un stimulus de notre environnement. Plus la connexion entre l’élément déclencheur et l’habitude sera forte, plus profondément celle-ci sera ancrée.

Une routine, par contre, demande toute notre présence. Accomplir une routine est un acte délibéré qui nécessite efforts et attention si on ne veut la maintenir. Les deux concepts parlent d’actions régulières et répétées, mais ceux-ci ne nécessitent pas le même niveau de concentration.

Avec le temps, on peut probablement arriver à transformer une routine en habitude, mais ce n’est pas aussi facile qu’on veut nous le laisser croire dans les nombreux textes de croissance personnelle sur le sujet. Pour moi, la répétition ne suffit pas.

Comment réussir à transformer une routine en habitude?

Pour transformer une routine en habitude, il faut tout d’abord choisir un élément déclencheur auquel l’associer. Cet élément que l’on va choisir sera le signal de départ que nous enverrons à notre cerveau pour l’aviser de mettre en action la routine que l’on désire transformer en habitude. Finalement, pour donner envie à notre cerveau de se rappeler de ce cycle d’habitude, on fait une action plaisante après l’exécution de la routine à titre de récompense.

C’est une approche très béhaviorale qui mets l’accent sur le stimulus et la récompense. Réussir à maintenir ce cycle sur une période suffisamment grande avec un élément déclencheur assez puissant pour que la routine devienne effectivement une habitude peut s’avérer un travail de longue haleine.

C’est précisément à ce stade que j’éprouve de la difficulté. Mon raisonnement est que si je désire voir se concrétiser le fruit de mon travail, il me faut être inflexible dans l’exécution du processus. C’est cette façon de penser m’amène vers le piège de la rigidité et me conduit inévitablement vers la démotivation.

Comment introduire suffisamment de souplesse dans le processus pour conserver sa motivation sans nuire à l’efficacité de celui-ci? C’est un questionnement qui m’habite depuis plusieurs années.

Élever la routine au niveau du rituel

Nos actions deviennent des obligations, des contraintes lorsqu’elles nous apparaissent complètement dépourvues de sens. Agir d’une certaine façon parce qu’on DOIT le faire n’est pas une motivation suffisante, en tout cas pas en ce qui me concerne.

Une approche qui se concentre uniquement sur le comportement et sur le conditionnement ne fonctionne pas avec moi car elle est dépourvue d’intention, de direction.

Comment transformer habitudes et routines en quelque chose de plus intentionnel? Une avenue qui semble intéressante à explorer est celle des rituels.

Ici, par rituel, je fais référence à un ensemble de petits gestes qui ont pour but d’élever au niveau du sacré l’accomplissement d’une action particulière.

Bien évidemment, cette approche nous invite à nous questionner sérieusement sur les habitudes et routines dont sont constituées nos vies car on n’élève pas au niveau du sacré n’importe quelle action triviale du quotidien. Il s’agit donc d’utiliser cette opportunité pour examiner la pertinence de ces habitudes et routines que l’on désire implanter dans notre vie ou qui en font déjà partie. Sont-elles concordantes avec nos rêves et nos aspirations? Sont-elles en accord avec nos valeurs les plus profondes?

 La prochaine étape?

Au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore examiné la nature et la validité de ces gestes que j’effectue au jour le jour. La réflexion qui m’a menée jusqu’ici m’apparait très intéressante et me semble valoir la peine d’être poursuivie.

Voici le plan de match que j’ai élaboré pour me permettre d’aller encore plus loin dans la suite des choses :

  1. Faire le ménage dans mes habitudes et routines.

Ici, je vais examiner mon horaire du temps afin de voir de quoi il est constitué. Comment est-ce que je rempli mes journées? Quels sont les irritants? Quelles sont les actions qui m’enthousiasment ? Est-ce que tout ce que j’accomplie dans une journée est vraiment essentiel, important? Sinon, pourquoi les faire? Si oui, comment est-ce que cela m’aide à me rapprocher des mes buts? L’objectif, ici, est de passer au tamis toutes ces « obligations » afin de ne rester, à la fin, qu’avec l’essentiel. 

  1. Créer mes rituels.

Lorsque je connaitrai les habitudes et routines de ma vie qui soutiennent mes rêves, je vais pouvoir m’attarder à les ancrer dans ma vie à l’aide de ces petits gestes qui sauront remettre respect et intention dans leur exécution.

Est-ce que ces routines seront accompagnées d’une bonne tisane? Ces actions doivent-elles être accomplie dans le silence ou sur un fond de musique? Est-ce qu’une bougie sera allumée? Quelles odeurs seront présentes?

Il n’y a pour limites que celles de mon imagination. À ce stade, je vais m’amuser à créer un ensemble d’actions plaisantes qui vont supporter l’accomplissement des mes bonnes habitudes afin de reconnaitre leur importance dans ma vie.

  1. Vivre mes rituels.

Le travail que j’aurai fait jusqu’à cet instant aura servi à déterminer ce qui est vraiment fondamental dans ma vie et par le fait même à réduire considérablement le nombre de choses à effectuer dans mes journées.

L’objectif, ici, est de ne conserver que quelques éléments essentiels afin de pouvoir leur accorder toute l’attention qu’ils méritent et de les exécuter avec le plus de présence et de conscience possible, le tout, dans le plaisir.

Finalement, je veux que le processus soit aussi agréable que ce que je m’imagine le résultat être. Dans le fond, on n’arrive jamais vraiment à destination, alors aussi bien rendre le voyage le plus intéressant possible.

Et vous, accordez-vous une grande place aux rituels dans votre vie? Comment gérez-vous le poids des obligations?